Empathie, comprendre en profondeurComprendre une situation, comprendre les autres fait appel à l’empathie. Voici quelques conseils vous permettant à mieux exprimer votre empathie de manière constructive et faciliter l’exploration systématique d’une situation.

  1. Apprenez à ralentir, évitez les jugements hâtifs, laissez l’histoire se dérouler
  2. Posez des questions ouvertes, soyez conscient de votre corps, tirez des leçons du passé
  3. Agir, aides à la vie
  4. Fixez des limites

1.Ralentir

Apprenez à ralentir

L’empathie s’efforce toujours de tempérer les émotions excessives au moyen d’une réflexion délibérée. Quand les émotions s’emballent une réflexion discursive n’est souvent pas possible. Il faut alors ralentir la cadence, revenir sur ses pas, explorer calmement les situations en instaurant des haltes créatives, en changeant de vitesse de manière délibérée. L’empathie ne peut survivre dans une ambiance surchauffée ou glaciale. Les émotions négatives comme la peur ou la colère instaurent une ambiance de combat ou de fuite. Les émotions de joie, d’enthousiasme, une ambiance surchauffée. Pour éviter cela il faut rendre les émotions moins envahissantes pour que l’empathie puisse à nouveau se manifester sereinement.

Évitez les jugement hâtifs

Tout comme les décisions impulsives, les jugements hâtifs ne figurent pas au registre des expressions emphatiques. Sauter trop vite aux conclusions est souvent source d’erreurs et dénotent une manière de considérer le comportement humain comme quelque chose de fixe, d’immuable, ou encore répondant à des déterminismes préétablis. Dans les moments de frustration, ou encore sous la pression du temps il n’est pas rare qu’on perde de vue les détails pour tomber dans les généralités. Le pouvoir de l’empathie tient dans l’attention qu’elle accorde à l’expérience du moment présent. Elle évite systématiquement la tendance bien humaine à résumer et catégoriser les comportement d’autrui à partir de l’expérience passée. Si l’on présume que notre façon d’être et notre personnalité sont déterminées une fois pour toutes, on condamne nos interactions à devenir une répétition infinie de schémas anciens et de réactions machinales sans la moindre espoir d’élargir notre perspective.

L’empathie doit ici nous rappeler que la vraie vie est fluide et mouvante et que les êtres humains ont à jamais la capacité de s’adapter.

Laissez l’histoire se dérouler

Chaque personne a son histoire à raconter et chaque histoire se déroule à son rythme. Lorsque l’empathie guide la communication on peut juger avec une étonnante précision du rythme qui convient au déroulement. Parfois il faut faire une halte, revenir sur ses pas, reprendre de nouveaux points de repère.

La précipitation, l’impétuosité, l’impatience, la frustration, l’impuissance deviennent obstacle à une meilleure compréhension.

2. S’ouvrir

Posez des questions ouvertes

Une question fermée contient déjà une conclusion donc elle engendre automatiquement une lutte de pouvoir, car votre interlocuteur a uniquement les choix de réponses suivants :

  • a.) il peut se soumettre (OK vous avez raison) Oui
  • b.) il peut se rebeller (Vous avez tort) Non
  • c.) tout simplement refuser de répondre, de communiquer. (Je ne réponds qu’en présence de mon avocat)

Mais peu importe l’option qu’il choisit, il y a un gagnant et un perdant.

Quelques questions fermées Alors tu la trouve vraiment belle ? N’est-ce pas que cette coupe vous va bien ? Essayez vous de me montrer votre colère en arrivant toujours en retard ? L’utilisation du « d’accord » à la fin d’une question la rend automatiquement fermée.

Questions ouvertes Comment trouves-tu ton amie ? Que pensez-vous de cette coupe ? Vous êtes souvent en retard, qu’est-ce qui se passe ?

Les questions ouvertes sont nécessairement empathique, car elles respectent le caractère unique des réactions de la personne, sans vouloir orienter l’échange. On abandonne le contrôle, on laisse à l’autre le choix de la direction qui lui convient alors que les questions fermées claquent la porte au nez.

Soyez conscient de votre corps

Les chercheurs ont pu prouvé que l’esprit et le corps sont intimement lié et interdépendant. Aussi l’empathie comporte indéniablement une dimension physique. On parle alors de synchronie physiologique. Deux système distincts mais reliés régissent les réactions physiques. Le système sympathique est responsable du stress et le système parasympathique domine dans une situation de détente. Nos pensées et émotions interagissent par le biais du système nerveux empathique Les réactions physiques nous laissent ainsi découvrir les émotions de nos partenaires, mais en même temps, nos réactions physiques trahissent notre propre état d’âme. Il va de soi que ces interactions physiques influencent grandement une communication et conduisent les interlocuteurs à agir et réagir.

Tirez des leçons du passé

Un des défis à maîtriser est l’identification des schémas, jugements théories et idéalisation du passé qui continuent encore aujourd’hui à exercer leur influence sur nos comportements et valeurs.

Mais il faut veiller à ne pas confondre ces réactions avec la situation présente, mais en être conscient qu’elles se rapportent souvent à des situations antérieures ou des circonstances de vie difficiles.

En recourant à l’empathie il sera possible de prendre du recul par rapport cette situation, de rassembler les faits, d’approfondir la compréhension et ainsi approcher cette nouvelle situation de manière objective. Il va de soi que cette situation est valable pour chacun d’entre nous. On ne peut développer son empathie qu’à la condition de bien se connaître soi-même et être conscient des répercussion des situations passées sur notre comportement.

3. Aider, agir

Être emphatique ne doit pas s’arrêter à la compassion. Être emphatique signifie agir par des gestes réfléchis pour autrui. Ces gestes peuvent être une aide pour développer les capacités de se prendre en charge ou pour mieux percevoir la réalité des choses dans la totalité. Toute aide qui aurait pour but de rendre une personne dépendante ou la détacherait de la réalité est à éviter. Aider doit développer la personnalité et donc assurer que

  • jamais la capacité de s’aider par soi-même ne soit affaibli
  • jamais la confiance en soi de la personne aidée ne soit égratigné
  • jamais la personne aidée ne soit être affaibli dans son statut
  • jamais la personne aidée ne donne lieu à des réactions de compassion et d’apitoiement

Aides à la vie

Concrètement voici les aides qui développent la personnalité et qui sont utiles à la personne aidée:

  • Aide pour développer de manière interactive les capacités psychiques et sociales, de perceptions de la réalité, de choix de modèles de comporte, les capacités critiques, d’exploration, de créativité.
  • Aide pour maîtriser peurs, sentiment de culpabilité, de honte et. d’infériorités.
  • Aide pour affronter une situation inhabituellement difficile et exigeante qui dépasse les compétences de la personne dans le domaine par exemple des exigences professionnelles, scolaires, de conflits sociaux, de résultats et de performances défaillants.
  • Aide à la prise en compte de la réalité, au développement de compétences, au développement de modèles de perceptions et de comportement réalistes.
  • Aide en cas d’emprises sociales exagérées et de surmenage, Contribution à la négociation, à la prise en compte de la situation réelle, pour le respect de la personne en difficulté.
  • Aide pour maîtriser des problèmes économiques, sociales, politiques par une assistance permettant de trouver, de négocier, de mettre en route des solutions réalistes.

4. Fixer des limites

Le fait de partager les difficultés avec autrui sous prétexte de créer un climat de confiance et d’intimité ne contribue pas à la résolution d’un problème ou d’une situation. Cela conduit souvent à s’éloigner du véritable problème et à instaurer une complicité dans une situation de compassion. Mais la compassion ne permet souvent pas de résoudre le problème, mais uniquement de différer la recherche de solution.

L’empathie souffre inévitablement de la difficulté de trouver un équilibre entre l’engagement et le détachement et cette nécessité d’une approche objective et réaliste. Par une orientation empathique il sera possible de trouver le juste milieu.