La pensée intuitive déclenche un comportement intuitif et spontané. L’action se branche alors directement sur les modèles de notre mémoire et elle se déroule de manière automatique et déterminée. Il y a une très grande probabilité qu’il s’agit de programmes de défense ou de stéréotypes et de clichés. Rappelons que les enregistrements sont toujours réductrices de la situation et ne font donc pas dans la nuance. Pour interrompre une chaîne d’auto-allumage d’un programme défensif, il est nécessaire de bloquer son déroulement automatique pour se mettre en mesure de reprendre en main, de manière consciente, la réflexion ordonnée et méthodique.

Comment faire pour interrompre un tel déroulement automatique.

Ce qu’il a de plus pratique c’est de recourir à une “halte créative”. Une fois interrompu ce déroulement spontané, la réflexion ordonnée et méthodique peut alors s’engager.

Il est impensable qu’un Homme réussisse à résoudre des problèmes non routiniers (donc créatifs) s’il n’a pas la capacité de vérifier sa manière de penser en fonction des problèmes et de la réalité des choses dans leur étendue et profondeur et d’adapter ses modèles de réflexions et de comportements en conséquence. Il s’agit donc de mettre en relation le modèle du monde intérieur avec l’original du monde extérieur. Une telle réflexion s’oriente par conséquent autour de deux manières de penser, l’une intuitive, spontanée, rapide, l’autre discursive, consciente, pas à pas et lente. Les deux manières de penser sont complémentaires.

Pour trouver des solutions à un problème pionnier (un problème, une situation, dont on n’a pas l’habitude) il est souhaitable de débuter par un essai se basant sur la pensée intuitive, voir des essais intuitifs successifs pour imaginer une solution.

Dès le moment ou des perturbations (tourner en rond, doutes, blocages, voie sans issue) apparaissent ou des soupçons de fautes de réflexions voient le jour, il est indiqué de pratiquer une halte créative et de passer ensuite à une réflexion discursive.

Par la réflexion discursive l’étude du problème gagne en profondeur. En s’appuyant alors sur des outils, des méthodes adéquates, le problème, la situation est explorée, systématiquement analysée, des solutions alternatives recherchées, une solution optimale dégagée, planifiée et mise en route. par cette fonction organisatrice, la créativité entre alors en action.

Le cercle pensées intuitives – halte créative – pensées discursives est utilisés dans toutes les étapes de la pensée discursives. Ainsi d’approximation en approximation, de pas en pas il est possible de dégager des solutions efficaces au problème que nous tentons de résoudre.

Pourquoi cette nécessité de bascule, pensée intuitive – pensée discursive?

La réponse à cette question nous la trouvons en analysant la construction du cerveau. Comment fonctionne notre cerveau en réflexion intuitive, comment en réflexion discursive?

La réflexion discursive est une réflexion lente. Le siège de la conscience peut stocker au maximum 160 unités d’informations réparti entre 32 objets. Il ne peut retenir l’information que durant 10 secondes au maximum. Ensuite l’information doit être actualisée. L’apport d’information maximum par seconde est de 16 unités d’informations. Nous parlons alors de l’étroitesse de la conscience.

En comparaison, notre organisme avec l’ensemble des capteurs d’informations amasse 10 milliards d’unités par seconde. La part des informations issue du monde extérieur qui pénètrent la conscience est donc soumis à un facteur de réduction impressionnant. Il faut 625’000 informations pour 1 qui pénètre dans la conscience.

La quantité d’informations qui déclenchent des actions dans le monde extérieur est de 1000 unités d’informations par seconde. La quantité d’informations que nous fournissons au monde extérieur est de 1 unité de manière consciente pour 62 unités perçues par notre interlocuteur.

Quelles conclusions tirer de ces chiffres?

La pensée intuitive est bien plus rapide. Elle

  • accède à la mémoire inconsciente en 1/ 100ème de secondes.
  •  traite des émotions, des sentiments qui sont comme nous l’avons déjà vu des raccourcis, des amalgames.
  • permet le traitement intuitif d’informations non verbales, qui dominent dans l’échange d’informations.
  • semble à première vue bien plus facile à maîtriser, car nécessitant aucun effort.
  • puise les informations déterminantes en nous, en nos modèles.
  • nous permet de nous situer de manière instinctive.
  • favorise l’acquis.
  • valorise rapidement.

La réflexion discursive par contre est lente. Elle fait appel bien davantage au verbal. Elle:

  • nécessite des efforts, des remises en questions, des confrontations.
  • ne se satisfait pas de nos modèles.
  • cherche à nous faire progresser. A élargir la perception de la réalité d’une situation.
  • nous ouvre et nous permet de nous situer de manière consciente en prenant en compte non seulement nos modèles intérieurs, mais surtout l’original extérieur si possible dans sa réalité étendue et profonde.
  • permet l’évolution, l’adaptation, le nouveau. Elle permet la valorisation différée.

Réflexe et réflexion sont ainsi deux manières complémentaires pour approcher un problème, chacun avec des avantages et des inconvénients. C’est à chaque être humain de maîtriser ces deux approches en prenant en compte chaque situation de vie originale.