entre toute-puissance et impuissance

C’est par ces mots que titrait le journal « Tagesanzeiger » un article en relation avec le dramatique suicide du patron de Swisscom, société de télécommunication, leader sur le marché suisse. Entre toute-puissance et impuissance, l’être humain reste terriblement vulnérable.

En commençant à écrire ce billet, j’avais tout d’abord le sentiment d’être indécent face à un tel drame. Et pourtant il m’a semblé important que chaque personne qui a connaissance de ce drame, tire une conclusion pour elle-même.

Le revers de médaille de la tout-puissance

Pour ceux qui connaissait et pouvait approcher ce dirigeant aux responsabilités omportantes, il était presque impensable qu’une telle chose puisse se produire. Il est décrit comme quelqu’un d’ouvert, extrêmement compétent, à l’écoute, sportif et bien entraîné. Cependant depuis quelques mois il montrait quelque peu une vision plus cruelle de sa charge. Il lui était de plus en plus difficile d’échapper aux sollicitations, contraintes et obligations disait-il.

Dernièrement, à l’occasion d’un séminaire sur la santé au travail des dirigeants d’entreprises, l’animateur d’Amarok montrait que les patrons semblent à première vue moins vulnérable que leurs collaborateurs. Ils sont conscient de leur responsabilité et de leur tout-puissance. Cependant s’ils devaient être frappés d’un burnout ou d’un accident de vie, revers de la médaille, celui-ci est en général bien plus destructeur que pour les autres. C’est un peu comme si par leur volonté et leur discipline ils arrivent à repousser leur limite, mais au prix de dégâts bien plus importants. Le drame qui est à l’origine de ce billet semble le confirmer.

Les dirigeants d’entreprises, et particulièrement ceux qui incarnent le succès de leur entreprise connaissent souvent une grande solitude au sommet. Si maintenant dans une entreprise de la taille de Swisscom, avec des structures de conduites bien établies et bien garnies cette solitude pèse, alors ce phénomène est encore accentué dans les petites et moyennes entreprises ou de telles structures manquent.

Diriger une entreprise, un défi

Diriger une entreprise est un défi impitoyable dans notre système basé sur la concurrence. Le stress est omniprésent. L’action, la prise de décision semblent être la clé du succès dans ce monde. La réflexion est souvent considérée comme de la procrastination. Ainsi les dirigeants modernes se laissent interrompre toutes les 3 minutes en moyenne et passent d’un chantier ou départ de feu à un autre. Dans ce monde axé sur l’action et la décision la santé et le bien-être sont des non évènements. Il n’y a pas de place pour eux.

Santé et bien-être répondent à un autre rythme. Santé et bien-être ne sont pas évènementiel  Ils doivent être approchés différemment, avec d’autres outils, d’autres manières de penser que ceux de la gestion. Volonté et discipline, comme ingrédient de succès sont parfaits pour ce qui est évènementiel  mais inopérant pour les non évènements.

Comment donc approcher un non évènement dans un environnement évènementiel ? Comment lui en faire de la place sans que cela dérange le quotidien ? Nous en parlerons dans notre prochain billet.