Dois je juger maintenant ou puis-je pratiquer le jugement différé ?

Dans notre monde d’aujourd’hui ou tout va de plus en plus vite, ne dit-on pas que les rapides vont manger les lents? Hésiter n’est-ce pas considéré comme faiblesse, comme manque de courage, comme incompétence? Ne cherchons nous pas à nous entourer de personnes qui sont capables de juger et décider vite? Car le temps c’est de l’argent. Et un jugement différé a besoin de temps.

Juger une situation

Alors, comment peut-on juger rapidement une situation, une idée nouvelle, un problème? Sinon en le comparant aux modèles enregistrés? Et que valent les modèles? Quelles en sont les forces et les faiblesses des modèles enregistrés?

Comment pouvons nous répondre à la question concernant l’adéquation de notre modèle intérieur par rapport à la situation? Comment savoir si les situations sont suffisamment identiques pour pouvoir y appliquer le même remède, la même décision, donner la même réponse?

En combien de temps est-ce que nous sommes capables de prendre la mesure d’une situation complexe, d’un problème, d’une idée? De l’analyser dans toute son étendue et sa profondeur de manière intuitive? Ensuite la comparer à une situation antérieure peu présente en nous de manière discursive? Comment pouvons-nous être sûr que la décision, la réponse, le remède soit juste? Le seul moyen dont nous disposons c’est de soumettre le remède, la décision, la réponse, à la confrontation, au questionnement de soi même et des autres. Ce n’est que si nous nous ouvrons au verdict d’une exploration, d’une réflexion critique et créative que nous pouvons vérifier si il y a adéquation? Mais pour ce faire il faut différé le jugement et la décision et permettre une exploration.

Une exploration à conduire

Il y a déjà une première question à laquelle il faut répondre. Si d’autre personnes sont impliquées en d’autres moments de la vie, la situation peut-elle encore être la même? De quoi se compose une situation, un problème, une idée, un thème? Ces questions ont pour but de vous faire conduire une réflexion sur ce qui caractérise une situation complexe.

Si vous renoncez à l’exploration d’une situation, si vous admettez sans vérification que la situation rencontrée correspond à celle que vous avez déjà emmagasiné en vous, alors vous commettez une erreur de réflexion. Nous savons que notre cerveau valorise les stimuli en fonction de nos modèles interne et non pas en fonction de la réalité extérieure.

Une situation nouvelle, une idée nouvelle, ne cadrant pas avec notre structure intérieure, risque d’être rejeté par notre cerveau de manière spontanée en l’absence d’une exploration. La question qui se pose alors: Est-ce qu’un tel jugement, une telle décision est adaptée aux circonstances, à la situation? Le recours à des préjugés, sont une forme de jugement hâtif. Et d’où prenons-nous le droit de juger, de décider de manière aussi rapide et sans exploration ? Qu’est ce qui nous rend si sûr que la situation, l’idée à peine perçue, à peine exprimée, soit telle que nous la percevons?

Rappelons-nous que tout comportement, toute communication spontanée exprime davantage notre modèle intérieur que la situation ou l’idée.

Comment la conduire ?

Explorer signifie s’interroger de manière critique si mon modèle de représentation de la situation, de l’idée est conforme à la situation en elle-même ou si je dois réviser ma manière de penser, ma manière de voir les choses. Pour ce faire j’ai souvent besoin des autres, car ce n’est seulement par la confrontation qu’il ‘est possible de progresser.

Mais pour y arriver je dois différer mon jugement, ma décision jusqu’au moment ou j’ai conduit l’exploration suffisamment loin.

Mais qu’est-ce que je risque si je juge ou décide de manière trop hâtive

Cela

  • tue dans l’œuf une idée, une situation prometteuse
  • nous fait renoncer à une meilleure connaissance de la situation, de l’idée, du thème
  • nous prive de nous enrichir d’un autre point de vue.
  • réduit la variété de nos comportements.
  • on accepte des solutions hasardeuses, partielles, peu efficaces.

En résumé renoncer au jugement différé réduit considérablement vos possibilités, souvent pour des raisons futiles.