Job Stress Index 2016

Année après année Promotion Santé Suisse mesure les dégâts par le stress et l’épuisement que  notre manière de travailler engendre. On chiffre même les dommages que cela cause aux employeurs, 5,7 milliards. Malheureusement pour les dégâts que cela cause aux employés les chiffres manquent.

Stress et dégâts pour qui? L’économie ou l’individu?

Le stress, l’épuisement engendrent encore des dégâts dans la vie des employés, dégâts difficiles à chiffrer. Cependant de nombreuses capacités individuelles sont affectées. Je pense par exemple à la capacité d’apprendre, à la capacité de se régénérer, à la capacité de gérer des conflits ou encore aux conflits familiaux qu’un tel affaiblissement d’une personne importante peut générer.

Dans notre société, on a pris l’habitude de tout regarder à travers la lunette de l’économie. On mesure les dégâts pour les employeurs. On analyse les dégâts pour les entreprises, mais les dégâts pour les employés stressés ne font pas partie à titre équivalent de l’observation. Est-ce parce que ces conséquences sont difficilement chiffrables? Ou est-ce parce que l’individu est sensé trouver son équilibre tout seul? Et s’il n’y arrive pas, il est facilement remplaçable dans un monde qui favorise l’idée de concurrence et de compétition. Le faible s’élimine ainsi tout seul.

Qu’est-ce qui ne fonctionne pas correctement?

Mais voilà, quand on recense 46,3% des actifs suisses en “zone sensible” (pourquoi as-ton appelée cette zone “sensible” et non pas “critique”?) cela indique que quelque chose ne fonctionne plus correctement dans notre monde du travail et dans notre manière de vivre. L’explosion des coûts de la santé en Suisse est encore un autre signal de cette dérive que nous vivons année après année.

Donc, il serait temps aujourd’hui d’ajuster un peu notre regard. Le tout économique, le tout chiffre et compétition devrait laisser la place à l’humanité. La question se pose pourquoi tous ces dégâts, Pour qui? Pour quoi? Est-ce que ça fait encore sens de se stresser, de se tuer au travail?

Si on regarde qui s’approprie ces richesses que employeurs et employés produisent, on est aujourd’hui obligé à jeter un regard vers les chiffres de répartition des fortunes dans notre société. Cela a amené des initiatives comme l’initiative Minder, l’initiative d’un revenu de base inconditionnel ou encore différents référendums, dont celle qui nous attends pour la Troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III)

Comment y remédier?

En conséquence, que doivent faire la société, l’état, les entreprises, les employeurs, les employés, les citoyens pour redresser les choses?

Personnellement je pense, nous devrions enlever nos lunettes économiques et mettre les lunettes d’humanité. Arrêtons de tout mesurer en valeur monétaire. Il existe bien d’autres valeurs. Arrêtons de tout soumettre à concurrence, favorisons dès lors la coopération.

Et en tant qu’individu privilégions notre bien-être, notre santé. Ne dit on pas que la santé n’a pas de prix? Alors faites quelque chose pour vous, le bien-être commence chez soi.